Opéra de Giuseppe Verdi Nabucco

17 – Nov 21, 2018
Cathédrale de Lausanne
For all ages Duration : 2h45 (dont 30 minutes d'entracte)


L'orchestre Amabilis (Lausanne) et l'ensemble vocal Horizons (Yverdon) présentent Nabucco de Giuseppe Verdi, dans une scénographie hors norme.

Ferran Gili-Millera
direction
Gérard Demierre
mise en scène
Jean-Philippe Guilois
mise en scène
Sébastien Guenot
scénographie
Michel Cavin
chef de choeur
Yves Golay
production
Yves Weinand
conception structure

Distribution, rôles principaux

Alejandro Meerapfel
Nabucco
Joanna Parisi
Abigaille
Ahlima Mhamdi
Fenena
Ruben Amoretti
Zaccaria

Que faire de Nabucco?

L’écueil n’est pas mince. L’ouvrage est en effet trop associé aux grands péplums qui font le bonheur des théâtres antiques et des gros festivals. Nous avons décidé de nous extraire de la monumentalité, pour faire mieux vibrer les sentiments intimes ou patriotiques des protagonistes et du peuple.

Car c’est d’abord une histoire d’esclavage, celle d’un peuple pris sous le joug d’un tyran qui se prend pour un dieu! C’est aussi l’histoire de deux peuples qui veulent s’égorger parce qu’ils ont des dieux différents.

Un ouvrage dense, mêlant le religieux à la politique, le pouvoir à l'ambition, dans un monde troublé et déchiré qui fait écho à la résonance du monde d'aujourd'hui : le monde compte plus de 65 millions de personnes déplacées en raison de violences et de persécutions.


Un opéra politique qui tend à l'universalité

Nous voudrions raconter l’histoire d’un homme qui s’appelle Nabucco. C’était un homme politique, qui a utilisé le pouvoir pour détruire son pays et réduire sa population à l’esclavage; il est comparable à un tyran de notre époque. C’est un homme qui a cultivé et accru son pouvoir jusqu’à s’autoproclamer Dieu. Ce délire de toute-puissance a pris une dimension à ce point obsessionnelle qu’il en est devenu fou: et c’est justement dans cet état de démence, lorsqu’il perd son pouvoir, que Nabucco retrouve l’humanité perdue.

À travers son parcours dans la folie, il arrive à comprendre le sens de la spiritualité véritable: son âme s’éveille, comme après un rêve, et il découvre qu’il est tout simplement un homme. De nos jours, de nombreux hommes politiques connaissent la même folie, et nous nous demandons s’ils arriveront un jour à un même état de réveil.

Nous avons la volonté de supprimer le contexte biblique en visant à la place un cadre indéterminé, mais plus reconnaissable du 20e siècle. Il n'y a pas de coups de foudre et pas d’idoles adorées; les miracles ne sont pas divins, mais réalisés par des mains humaines et intervention directe. C’est un drame humain, sans contexte réel. Il y a la place pour une plus grande crédibilité à trouver dans la richesse émotionnelle généreuse de la partition de Verdi, mais il faut développer les personnages et leurs relations. Plutôt que de fermer le conflit dans une actualisation déplacée, nous l'avons ouvert à l'universalité.


Une scénographie hors norme
Le projet d’aménagement de la Cathédrale se fait en partenariat avec l’EPFL, pour la réalisation du décor et des estrades destinées au public.

La scénographie tourne autour d’une spirale qui représente l'orgueil humain, la tentative de l'homme de se hisser à la hauteur de sa divinité. La spirale descendante peut représenter le descente de Dieu en l’homme et la spirale ascendante la montée de l’homme vers Dieu, c’est une alchimie spirituelle ! Mais elle peut devenir une spirale infernale, rapide et incontrôlable.


Résumé de l'oeuvre

L’action se déroule quelque part, aujourd’hui. Nabucco, un dictateur, persécute son peuple. Zaccaria, leader de ce peuple, retient en otage Fenena, fille de Nabucco, et veut la tuer si le roi ne renonce pas à ses menaces. Par ailleurs, Fenena aime Ismaël, neveu du roi du peuple opprimé. Seule la foudre divine semble stopper Nabucco qui, en osant se proclamer l’égal de Dieu, tombe terrassé: Abigaille, persuadée jusque-là d’être la fille légitime de Nabucco, profite immédiatement de la situation pour lui ravir sa couronne, s’emparer du pouvoir et l’emprisonner.

Eprise elle aussi d’Ismaël, Abigaille condamne Fenena au supplice. Depuis sa cellule, Nabucco prie Dieu; il sera finalement libéré par ses hommes et interviendra juste à temps pour empêcher l’irréparable, sauvant sa fille Fenena et libérant le peuple des opprimés. Abigaille périt après s’être empoisonnée, non sans avoir imploré le pardon pour ses crimes et béni l’union d’Ismaël et Fenena.


Le site de l'orchestre Amabilis
Le site de l'ensemble vocal Horizons