Festival Sine Nomine – Musique au fil des mots

Beethoven & Janacek – Sonates à Kreutzer

11 octobre 2026 11:00 Salle de spectacles, Renens Dès 6 ans Durée : 1h00 (sans entracte)

Découvrez tout le programme du Festival Sine Nomine.
Envie de découvrir plusieurs concerts ? Vous avez la possibilité d'acheter un pass 1 jour ou 3 jours.

Le Festival Sine Nomine célèbre 50 ans de musique de chambre et de partage à l’occasion de sa 13e édition.

En 1899, Léon Tolstoï publie son roman La Sonate à Kreutzer. L’héroïne y joue au piano la Sonate pour violon n° 9 en la majeur de Ludwig van Beethoven, accompagnée par un violoniste que le mari soupçonne d’être l’amant de sa femme. La musique vient ici nourrir la jalousie et les soupçons d’un homme qui finira par tuer son épouse. L’œuvre de Beethoven doit son surnom à son dédicataire, le Français Rodolphe Kreutzer. Elle est cependant écrite pour un autre violoniste, George Polgreen Bridgetower, qui en assure la création le 24 mai 1803. Ce dernier se serait ensuite brouillé avec le compositeur qui dédie alors à Kreutzer cet ouvrage d’une ambition unique pour cette formation. « In uno stile molto concertante quasi come d’un Concerto » précise la dédicace originale qui exprime parfaitement le style très virtuose de la pièce. Malgré les dimensions déjà impressionnantes du premier mouvement, c’est bel et bien l’Andante central qui forme le cœur de la partition avec son thème suivi de quatre variations techniquement très exigeantes, la dernière se prolongeant en une ample coda. Un finale endiablé sur un rythme de tarentelle vient clore cette œuvre hors-norme – que Rodolphe Kreutzer n’a très vraisemblablement jamais jouée.

Alors que la musique de Beethoven est source d’inspiration pour Tolstoï, la prose de celui-ci va à son tour stimuler l’imagination de Leoš Janáček pour l’écriture de son Quatuor à cordes n° 1 en 1923. La partition ne résume pas La Sonate à Kreutzer, mais se concentre sur l’état émotionnel et psychologique de son personnage féminin pour lequel prend parti le musicien. La cellule motivique sur laquelle s’ouvre l’œuvre revient dans le dernier mouvement et traverse, en différentes métamorphoses, l’ensemble du quatuor. Le style de Janáček se voit fondé sur l’utilisation de motifs courts qui s’alternent, s’affrontent et se superposent dans l’esprit d’une mosaïque, sans le souci du travail de développement thématique omniprésent chez Beethoven. Ce langage profondément dramatique trouve son ancrage dans les opéras de l’auteur, notamment Katia Kabanova, créé en 1921 et qui met en scène une autre sombre histoire d’adultère culminant dans la mort.

Ludwig van Beethoven
Kreutzersonata – Sonate N°9
Leos Janacek
Quatuor N°1 (d’après Tolstoï)
Avec
le Quatuor Sine Nomine
Avec
Virginie Falquet (piano)

www.quatuorsinenomine.ch